Le peuple lao aime passionnément la musique et les chansons. Alors, sur tous mes tournages de films, j'ai dû composer avec l'ambiance musicale diffuse et permanente qui oblige à faire de la création sonore si le récit a besoin de silence. Techniquement, tous les silences de mes films ont été fabriqués en montage. Dans la vie réelle, les habitants sont de mieux en mieux équipés en amplis et en haut-parleurs surpuissants pour un résultat qui va de pire en pire dans la saturation, la réverbération, les échos, les hyper-basses et les hyper-hautes fréquences... Ce désastre musical vient de ce que les Laotiens trouvent beaucoup de plaisir à tourner tous les potards de leur table de mix à fond dans le sens des aiguilles d'une montre en n'accordant aucune importance à la bouillie de sons qui en résulte. Or, l'un des potards commande le volume de sortie, ce qui a pour conséquence que la notion de voisinage et de proximité s'étend et s'entend au kilomètre à la ronde.
Cette donnée, qu'on dira sociologique par commodité pour enchaîner plus vite sur le sujet principal de cet article, nous a conduits à imaginer des dispositifs d'isolation phonique. Par bonheur, la contrainte est un terrain de recherches nécessairement vertueux, en effet, il n'existe pas d'autre alternative que devenir sourd ou retrouver la paix des oreilles. Le Laos étant un pays tropical dont le climat est réglé par un régime de Mousson (le vent souffle du nord au sud six mois de l'année, amenant le froid sec de l'Himalaya en hiver, et du sud au nord les six mois suivants, amenant la chaleur et les pluies de l'Océanie), nous avions déjà des préoccupations de brise-soleil, brise-vents et brise-pluies. Tous ces brisements sont donc à compléter avec les brise-sons. Autant de secondes peaux pour les Flamboyants qui contribueront à l'esthétique de l'ensemble.
Cette donnée, qu'on dira sociologique par commodité pour enchaîner plus vite sur le sujet principal de cet article, nous a conduits à imaginer des dispositifs d'isolation phonique. Par bonheur, la contrainte est un terrain de recherches nécessairement vertueux, en effet, il n'existe pas d'autre alternative que devenir sourd ou retrouver la paix des oreilles. Le Laos étant un pays tropical dont le climat est réglé par un régime de Mousson (le vent souffle du nord au sud six mois de l'année, amenant le froid sec de l'Himalaya en hiver, et du sud au nord les six mois suivants, amenant la chaleur et les pluies de l'Océanie), nous avions déjà des préoccupations de brise-soleil, brise-vents et brise-pluies. Tous ces brisements sont donc à compléter avec les brise-sons. Autant de secondes peaux pour les Flamboyants qui contribueront à l'esthétique de l'ensemble.
Quand j'étais enfant, les fils barbelés étaient la solution la plus utilisée pour délimiter les terrains. Ils avaient pour fonction d'empêcher les buffles, les vaches et les chèvres d'aller manger les cultures dans les jardins des gens. Idéologiquement, dans les pays dits libres, le fil barbelé était l'emblème de tous les combats à mener pour les droits de l'homme et contre l'oppression. Maintenant que le Laos a adopté le mur en parpaings en lieu et place des fils barbelés, je me rends compte que ces derniers avaient l'avantage de ne pas arrêter la circulation des humains et d'être invisibles de loin. Tandis que les murs ne savent produire qu'une esthétique carcérale de l'habitat et sont visibles d'assez loin pour que cesse toute envie de voisinage. La situation est d'autant plus désespérante que les riches ne sont plus les seuls à s'enfermer dans leurs prisons dorées, dans leur monde parallèle sur-équipé en caméras de surveillance. Les pauvres aussi ont adopté le mur censé les protéger, avec comme motif d'espoir qu'ils continuent à vivre dehors, dans la rue même, où ils sont mieux qu'à l'intérieur de leurs murs surchauffés. Il est vrai qu'ils n'ont pas les moyens d'avoir la climatisation. Je crois qu'il était utile de contextualiser dans cette perspective la raison pour laquelle je me suis intéressé à la question des dispositifs de lutte contre les bruits du voisinage. Je n'ai aucune passion pour les murs. Mais l'étude de la propagation des sons dans l'air est un sujet passionnant.




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